yao! en mer

carnet des

voyages de YAO

Les travaux 2012

Pont

Nous débuterons par l'étancheité des coffres arrières
Nous avions trois coffres de grandes profondeurs fermés par des capots de bois stratifiés, le temps et l'usure ayant fait leur oeuvre ceux si s'ouvraient mal et prenaient l'eau. Nous avons résolu le problème  en remplaçant les capots existants par des capots de ponts. La encore il a fallut refaire une partie de la struture du pont, mettre des renforts et en profiter pour isoler les coffres de l'interieur du bateau, ce que nous avons fait avec une pensée toute émue pour nos amis de "Mamour"dont les fichus coffres arrières ont fini par couler le navire...
Dans le coffre babord Jean-loup a même préparé une baille à mouillage d'ancre en prévision de la Patagonie

Puis nous attaquerons des réparations que nous n'avions pas du tout prévues
Un hiloire, celui de tribord est totalement pourri, il ne résiste que par l'épaisseur de la résine, nous allons donc ôter le teck non sans casse malheureusement, ôter les parties rongées par l'eau infiltrée, réparer la structure à l'origine des fuites, puis refaire un hiloire neuf, bois, strate, peinture. Évidemment il nous faut ôter les hublots, ce que nous ferrons pour tout le bateau dans la foulée, pour graisser les ouvrants et poncer les plexis, avant de tout reposer dans les règle de l'art .

Enfin les travaux prévus et pour commencer leurs présentations Notre Stress 44( 13,95m x 4,5m) est entièrement recouvert de Teck pour notre plus grand plaisir et confort : isolation thermique et confort des pieds sous les Tropiques. Ses joints étaient craquelés, par endroit décollés et nous avions remarqué depuis peu de petites fuites d'eau qui ne pouvaient venir que du pont. Donc refaire le pont ou du moins les joints s’imposait. Nous avons eu bien du mal à trouver un spécialiste , puis à la lecture de son devis (6000€) et après renseignement pris sur divers forums pour ce qui est de la technique, nous nous sommes dit que pour le prix des produits et en comptant un bon mois de travail nous ferions de belles économies....

Dans un premier temps on vous dit de mettre le pont hors d'eau, pas facile en Bretagne cette année. Un hangar, exclus trop cher, reste emmaillotement mais le mat gêne donc
En premier : Démâtage
Ensuite c'est la fabrication du cocon dans lequel nous allons pouvoir travailler au sec. Pour cela nous avons utilisé des Tuyaux en PVC d'une petite section (tuyau d’évacuation d'eau (PVC rigide gris)), que nous avons fixé sur l’extérieur du pont avec des serres joints après démontage de tout les chandeliers. Sur cette structure nous avons posé une de ces grosses bâches qui recouvrent les semi remorques, que nous avions acheté dans un déstock. L’opération fut un peu délicate car le bateau sur l'eau et la bâche bien lourde. Le tout sanglé et resanglé. Mais dans l'ensemble le cocon terminé est très étanche, voila notre navire laid au possible mais au sec. On appelle notre bateau: l'oeuf kinder ….La honte!!
Dernière étape de cette installation. Oter tout l'accastillage ...démonter, nettoyer, stocker les winchs , les taquets, les poulies, les barres d'écoutes, les platines des chandeliers, les diverses cadènes, enfin tous ce qui recouvre le pont .

En second : Et bien ôter le joint
Heureusement que nous avions craqué au salon de la Rochelle pour un outil magique: la "multimaster Fein" sinon nous aurions abandonné immédiatement. C'est long, très long, pénible car à genoux des heures durant, le dos souffre et un pont en Teck de 30m² c'est environ 3km de joints.... Puis avec un outil affûté, gratter le fond des joints et les lèvres pour en faire disparaître les restes de mastic que le premier passage a laissé (de peur d'attaquer le bois). Bien sur ensuite il faut un petit coup de ponçage avec un papier de verre à gros grains et là les joints sont prêts

En troisième :
Dégraisser le Teck ainsi mis à nu dans chaque joint à l'acétone pour permettre l'accroche d'un primaire (moins d'une heure avant la suite sinon le gras du bois revient, donc opération par tronçon) Passer avec un pinceau fin le dit Primaire ( prévoir une bonne dizaine de pinceaux )moins de 24h avant la mise du sika .
Déposer au fond de ces joints un fin (très fin )film plastic jaune collant(sorte de scotch fluo) :le fond de joint ( On passe sur le ruban qui colle sur les parois au lieu du fond, puis qui ne colle plus...,sur les divers vis de maintient des lattes qu'ils faut renfoncées car avec l'usure du bois elles affleurent de trop et déchirent ce fichu ruban...

Enfin vient le moment pour lequel on a fait tout cela, LA POSE DU JOINT. C'est évidemment avec le sika spécifique pont en teck, qui résiste au UV et qui colle et poisse si bien aux doigts. Prévoir gants, vieux tissus et une Pompe à joint électrique ou pneumatic car à la main les tendinites du poignet et des doigts ne permettent pas de terminer l'opération. C'est presque terminé, entre chaque cartouche on prend le temps d’écraser le joint avec une bonne spatule pour le faire débuller . ET on laisse sécher

En Dernier
Avec un bon ciseau à bois bien affûté on ôte le surplus de joint sur les lattes de teck puis on ponce le tout. Long, très long, fastidieux mais après, c'est FINI, le pont est neuf..

Merci a nos deux garçons de leur aide lors du ponçage, nous étions si fatigués...

Coque Mât

La dépose et repose d'un mât quel stress..
Entre l'angoisse de ces moments, nous avons oté, lavé ou remplacé puis remonté chaque drisse. Installé et fixé dans le mât des gaines dans lesquelles nous avons fait passer tous les cables électriques. Vérifié les étriers de l'echelle de mât, changé les feux de navigation et l'éclairage de pont, protégé et/ou remplacé le "Mer Veille", l'Anémomètre, la Girouette, l'antenne VHF, les poulies...
Enfin tout ce qui était nécéssaire de faire et tellement plus facilement au sol que perché à 18m de haut
Les grutages ont été des instants de pur angoisse malgré le savoir faire et la maitrise du grutier(bravo). Le mât se retrouve suspendu à 4m du pont de Yao! maintenu en équilibre par quelques sangles et une drisse...Pourvu que ça ne lache pas voilà ma seule pensée .

Puis Yao! lui même est mis hors d'eau. Nous l'installerons pour une quinzaine qui deviendra un mois et demi par ces temps fort humides au Chantier "Multi-nautique"de Folleux. Des travaux sur la coque qui ont été trés longs et éprouvants à cause de la météo.
Démonter,reboucher les vannes pour les réinstaller en de nouveaux emplacements plus réfléchis, ponçer, enduire la coque puis la peindre avec un primaire puis deux couches de deux antifouling differents
Travaux certe fastidieux sous la pluie, mais le résultat est superbe...

Poste de Pilotage

Le "Dog house" cette partie du bateau située sur le pont et qui recouvre une partie du cokpit central est en fait un poste de pilotage.
Nous y avons nos cartes et le materiel électronique de navigation du navire, nous pouvons, installés à l'abri puisqu'il est fermé, surveiller et gerer notre route sans risque et dans un bon confort.

Il nous était donc indispensable de restaurer cet ouvrage ou encore mieux de le cloner en plus résistant et plus léger. C'est ce que nous avons fait
Nous avons donc déménagé l'electronique du bord ( qui y a gagné une séance d'entretien ...) puis démonté la structure (en effet trés lourde). Une fois le pont mis à nu, Jean-Loup s'est lancé dans la construction .
1/ Fabriquer un squelette en bois ; Y mouler le poste de pilotage en "tubus" nid d'abeille trés léger (en polyesther ou fibre de verre..?); Poser les implants de bois qui serviront à la fixation de l'accastillage; Résiner aprés scarification de toute la surface et bien sur poncer entre chaque couche.
Des jours et des jours de travail collant, et malodorant au grand dam du capitaine.
2/ Puis fabrication d'un "ber" pour soutenir la structure obtenue lors de son retournement, car bien évidemment l'interieur va subir le même traitement que l'exterieur, avec en plus l'installation des renforts structurels. Pour ceux ci notre génial capitaine a pensé "utile"; Il a remplacé les "X" en mousse par des gaines éléctriques, ou des moulages creux de sa confection, pour le passage des cables électriques et de l'air.
C'est ainsi que nous aurons des aérations dans le carré et le poste de pilotage sans être obligé de percer le pont pour installer des "boites à daurade".
3/ Enfin les essayages, un peu plus complexes que pour un vêtement mais tout aussi méticuleux, pour que tout tombe bien au millimètre prés. Il y en aura deux et merci encore à notre Mousse et son copain Alex, à nos amis Fifi, Joel et Michel qui ont toujours répondu présent lors de ces transfères .
4/ Puis les séances peinture, mise en place de l'anti-dérapant, collage des vitres et des supports pour les coffres et appareils interieurs ont achevé les travaux en atelier et nous avons pu poser définitivement le poste de pilotage sur notre Yao!

La fixation, l'étanchéité ont été encore une épreuve pour nos mains; Non, vraiment nous ne nous ferons jamais au "Sica", même si c'est génial ça reste bien pénible à utiliser(avec ou sans gants).

Il restera les portes à installer et l'appareillage à fixer mais à présent notre Yao! à retrouvé sa silouhette typique.